Notion · Faire agir l’IA
Boucle agentique
Le cycle de base d’un agent : observer, décider, agir, vérifier, recommencer jusqu’à ce que l’objectif soit atteint. C’est ce qui lui permet de corriger ses erreurs en route.
Comment ça marche
Un agent fonctionne par cycles. À chaque tour, il regarde où il en est : l’objectif, ce qu’il a déjà fait, ce que ses outils ont renvoyé. Il décide de la prochaine action : appeler un outil, poser une question, ou conclure. Il agit. Le résultat entre dans son contexte. Et il recommence. C’est la boucle agentique, et c’est ce qui fait la différence entre un assistant qui répond et un agent qui travaille.
Cette boucle a un coût et des risques. Le coût : à chaque tour, tout le contexte est relu, donc le dixième tour coûte dix fois le premier, et une tâche de cinquante tours revient cher. Les risques : une boucle sans fin, quand l’agent n’arrive pas à son objectif et insiste ; une dérive, quand chaque tour s’éloigne un peu de la demande. D’où les bornes : un nombre maximal de tours, un budget, une durée, des conditions d’arrêt claires, et des points où un humain regarde.
Un exemple concret
- Tour 1 : l’agent lit l’objectif (« le total du rapport ne correspond pas à la somme des lignes, trouve et corrige ») et le script qui produit le rapport. Il décide d’exécuter le script pour voir.
- Tour 2 : le script a tourné. L’agent compare le total et la somme : écart de 1 240 euros. Il décide de chercher les lignes avec des montants vides.
- Tour 3 : il en trouve trois, ignorées par le calcul du total mais comptées dans la somme. Il modifie le script pour traiter les vides comme zéro et relance.
- Tour 4 : les totaux correspondent. Les tests du projet passent. Condition d’arrêt atteinte : l’agent rend compte : cause, correction, fichiers modifiés.
- Ce qui aurait pu arriver sans borne : au tour 3, si la correction n’avait pas suffi, l’agent aurait pu modifier le script indéfiniment. La limite était de 15 tours, puis remontée à un humain.
Quatre tours, cinq minutes. La borne n’a pas servi cette fois. Elle sert une fois sur dix, et c’est la fois qui compte.
Ce que ça change pour une équipe
- L’agent se corrige seul. Une erreur en route ne condamne pas la tâche : l’agent la voit et s’adapte.
- Les tâches ouvertes deviennent possibles. « Trouve pourquoi » ou « fais en sorte que » : des objectifs sans chemin connu, que la boucle explore.
- Le budget est un paramètre de conception. Tours, tokens, durée : des chiffres à fixer, qui décident du coût maximal d’une tâche.
- La trace de la boucle est précieuse. Relire les tours, c’est comprendre comment l’agent a raisonné, et où il s’est trompé.
Les limites et les erreurs fréquentes
- Pas de condition d’arrêt. L’agent tourne jusqu’à épuisement du budget, ou sans budget, jusqu’à ce qu’on l’arrête. La condition d’arrêt est la première chose à écrire.
- Des tours qui dérivent. L’agent « améliore » au passage des choses non demandées. La consigne le ramène à l’objectif à chaque tour.
- Un contexte qui enfle. Cinquante tours de résultats d’outils, et l’agent ne retrouve plus l’objectif. Résumer en cours de route, ou déléguer à des sous-agents.
- Confondre persévérance et obstination. Un agent qui réessaie la même chose dix fois ne progresse pas. Après deux échecs identiques, il doit changer d’approche ou demander.
Pour aller plus loin
À chaque tour, le modèle lit le contexte mis à jour (dont les résultats d’outils), choisit une action ou une réponse finale. Les conditions d’arrêt, le nombre maximal de tours et le budget de tokens bornent la boucle.
Où ça se situe chez Opora
Programme 04 · Construire des agentsIngénierie agentique pour les équipes techniques
Concevoir la boucle d’un agent avec ses conditions d’arrêt, son budget et ses points de contrôle, c’est un des exercices du programme Construire des agents.
Questions fréquentes
Pourquoi une boucle, et pas une seule réponse ?
Parce qu’une tâche réelle ne se fait pas en un coup. Il faut lire, essayer, voir le résultat, ajuster. La boucle permet à l’agent de constater qu’une commande a échoué, qu’un fichier n’était pas celui attendu, et de corriger. Sans boucle, l’agent n’aurait qu’une chance, et se tromperait souvent.
Comment la boucle s’arrête-t-elle ?
Quand l’agent estime avoir atteint l’objectif, ou quand une limite est atteinte : nombre de tours, budget de tokens, durée, ou une condition qu’on a définie, comme « tous les tests passent ». Sans limite explicite, un agent qui ne trouve pas peut tourner longtemps. Les limites se fixent avant de lancer.
Que se passe-t-il à chaque tour ?
L’agent relit son contexte entier : l’objectif, ce qu’il a fait, les résultats de ses outils. Puis il décide d’une action ou d’une réponse finale. C’est pour ça que chaque tour coûte plus que le précédent, et que les sessions longues se résument.