Notion · Sécurité et conformité

Charte d’usage de l’IA

Le document interne qui dit ce que les équipes peuvent faire avec l’IA, et ce qu’elles ne doivent pas faire : quels outils, quelles données, quelles vérifications. Court, concret, connu de tous.

Comment ça marche

Une charte d’usage de l’IA, c’est un document court qui répond aux questions que se posent les équipes : est-ce que j’ai le droit d’utiliser ChatGPT ? Avec quelles données ? Dois-je dire que l’IA a rédigé ce texte ? Qui je préviens si je vois un problème ? Elle protège l’entreprise, et surtout elle permet aux équipes d’utiliser l’IA sans peur et sans bricolage.

Elle se construit en quatre temps. On regarde ce que les gens font déjà, souvent plus que ce que la direction imagine. On classe les données en niveaux. On choisit les outils autorisés pour chaque niveau. Et on écrit les règles de vérification et de transparence. Le tout tient en deux pages, avec un nom et un numéro de téléphone à la fin.

Un exemple concret

ExempleExtrait d’une charte, section « Ce que vous pouvez faire »

Outils autorisés. L’assistant d’entreprise (compte professionnel fourni par la société) pour tous les usages. L’assistant interne « Docs » pour tout ce qui touche aux dossiers clients. Aucun autre outil d’IA, y compris gratuit, pour le travail.

Données. Vert (documents publics, textes de communication) : partout. Orange (documents internes, e-mails, comptes rendus) : assistant d’entreprise uniquement. Rouge (données clients, RH, financières, secrets de fabrication) : assistant interne uniquement.

Vérification. Tout texte produit par l’IA est relu avant envoi à un tiers. Tout chiffre, toute référence juridique, toute citation est vérifiée à la source.

Transparence. Un document destiné à un client ou à un partenaire et produit principalement par l’IA le mentionne.

En cas de doute. Marie Dupont, référente IA, poste 214.

Les noms des outils et les trois couleurs sont ce que les équipes retiennent. Le reste de la charte explique pourquoi.

Ce que ça change pour une équipe

  • Les gens savent à quoi s’en tenir. La question « est-ce que j’ai le droit » disparaît, et avec elle les usages cachés sur des comptes personnels.
  • La direction reprend la main sans interdire. Une charte qui autorise clairement est mieux respectée qu’une interdiction générale qui n’est jamais appliquée.
  • Les obligations légales sont tenues. Information des salariés, encadrement des données personnelles, formation : la charte documente ce que l’entreprise a mis en place.
  • La relation client est protégée. Savoir dire à un client ce qui est fait avec ses données, et avec quelle vérification, devient un argument plutôt qu’une inquiétude.

Les limites et les erreurs fréquentes

  • La charte copiée sur internet. Elle parle d’outils que vous n’utilisez pas et oublie ceux que vous utilisez. Partez des usages réels de vos équipes.
  • La charte qui interdit tout. Elle est signée, rangée et contournée dès le lendemain. Autorisez ce qui peut l’être, encadrez le reste.
  • La charte sans référent. Une règle sans personne pour répondre aux questions s’érode. Nommez quelqu’un, et formez-le.
  • La charte figée. Les outils changent tous les six mois. Prévoyez une relecture semestrielle, avec les équipes, et datez chaque version.

Pour aller plus loin

Une charte efficace part des usages réels, classe les données, nomme les outils autorisés, fixe les règles de relecture et de mention de l’IA, et désigne un référent. Elle s’articule avec le RGPD, l’AI Act et le règlement intérieur.

Où ça se situe chez Opora

Programme 01 · Mieux utiliserUn usage responsable et sobre de l’IA

Écrire une charte courte et applicable, à partir des usages réels de vos équipes, est l’un des livrables du programme Un usage responsable.

Voir le programme

Questions fréquentes

Une charte IA est-elle obligatoire ?

Aucune loi n’impose un document appelé « charte ». En revanche, le RGPD exige d’encadrer les traitements de données personnelles, l’AI Act impose de former les personnes qui utilisent l’IA, et le droit du travail encadre les règles imposées aux salariés. La charte est le moyen le plus simple de tenir ces obligations ensemble.

Combien de pages ?

Deux ou trois. Une charte de vingt pages n’est lue par personne. Ce qu’il faut : les outils autorisés, les données qu’on peut y mettre, les vérifications obligatoires, à qui s’adresser. Les détails juridiques vont en annexe.

Faut-il consulter les salariés ?

Si la charte crée des obligations ou des sanctions, elle relève du règlement intérieur et suit sa procédure, avec consultation du CSE quand il existe. Dans tous les cas, une charte construite avec les équipes est appliquée ; une charte imposée est contournée.

Relions ce sujetà votre situation.

Venez avec une situation de travail. Regardons ensemble ce qui peut évoluer : une pratique, une équipe, un outil.