Notion · Brancher l’IA sur ses données

Fine-tuning

Une adaptation d’un modèle par un entraînement supplémentaire sur des exemples choisis. Elle peut améliorer un comportement ou un format, mais n’est pas toujours la bonne manière de lui donner accès à des documents actualisés.

Comment ça marche

Un modèle de langage arrive avec des connaissances générales et une façon de répondre générale. Le fine-tuning consiste à lui faire suivre un entraînement court, supplémentaire, sur vos propres exemples : des paires question-réponse, des documents et leur résumé attendu, des e-mails et la bonne classification. Le modèle ajuste ses paramètres pour reproduire ce que montrent les exemples.

Le résultat est un modèle qui répond dans votre format, votre ton, votre vocabulaire, sans qu’on ait à le lui expliquer à chaque demande. C’est puissant pour les tâches répétitives et bien définies. C’est inutile, voire contre-productif, pour lui apprendre des faits qui changent : pour ça, on lui donne les documents au moment de la question, c’est le RAG.

Un exemple concret

ExempleLa classification des sinistres d’un courtier en assurance
  1. Le besoin : classer chaque déclaration de sinistre reçue par e-mail dans l’une de 40 catégories internes, avec un vocabulaire maison que les modèles généraux ne connaissent pas.
  2. Première approche : un grand modèle avec une consigne de trois pages décrivant les 40 catégories. Ça marche à 82 %, c’est lent, et chaque requête coûte cher à cause de la consigne.
  3. Fine-tuning : 2 500 déclarations passées, déjà classées par les gestionnaires, servent d’exemples. Un petit modèle ouvert est ajusté dessus, en une nuit, sur une machine du courtier.
  4. Résultat : 94 % de bonnes classifications, une consigne de deux lignes, des réponses instantanées, et aucune donnée qui sort.

Le travail a été de constituer et de nettoyer les 2 500 exemples. L’entraînement lui-même a pris une nuit.

Ce que ça change pour une équipe

  • Les tâches répétitives deviennent très fiables. Classification, extraction dans un format précis, rédaction dans un style imposé : là où un modèle général plafonne, un modèle ajusté excelle.
  • Les coûts baissent. Plus de longue consigne à chaque requête, et souvent un petit modèle suffit. Le prix par requête peut être divisé par dix ou plus.
  • Le savoir-faire se capitalise. Les exemples qui servent à l’ajustement sont une description précise de la façon dont l’entreprise travaille. Ils ont de la valeur en eux-mêmes.
  • Tout peut rester en interne. L’ajustement d’un modèle ouvert se fait sur une machine de l’entreprise ou chez un hébergeur choisi. Le modèle ajusté vous appartient.

Les limites et les erreurs fréquentes

  • Vouloir apprendre des faits au modèle. Le catalogue, les tarifs, les procédures changent. Un modèle ajusté sur eux est obsolète dès la première mise à jour. Pour les faits, RAG.
  • Des exemples de mauvaise qualité. Le modèle reproduit tout, y compris les erreurs et les incohérences des exemples. Le nettoyage n’est pas optionnel.
  • Ajuster avant d’avoir essayé plus simple. Une consigne bien écrite avec des exemples règle beaucoup de cas. Le fine-tuning se justifie quand on a mesuré que ça ne suffit pas.
  • Oublier l’évaluation. Sans jeu de test mis de côté, impossible de savoir si le modèle ajusté est meilleur, ou s’il a juste appris par cœur les exemples.

Pour aller plus loin

Le fine-tuning ajuste tout ou partie des paramètres, parfois via des adaptateurs. Il nécessite des jeux d’entraînement et d’évaluation séparés, une maîtrise des droits sur les données et une comparaison avec des solutions plus simples.

Où ça se situe chez Opora

Programme 03 · Garder la maîtriseL’IA chez vous, sans que vos données sortent

Savoir quand un ajustement de modèle se justifie, et le faire sur un petit modèle local, fait partie du programme Garder la maîtrise.

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Questions fréquentes

Fine-tuning ou RAG, lequel choisir ?

Le RAG donne au modèle des informations au moment de répondre : il convient pour tout ce qui est factuel et change (documents, procédures, catalogue). Le fine-tuning change la façon dont le modèle répond : ton, format, vocabulaire, tâche très spécifique. Dans la plupart des entreprises, le RAG couvre le besoin ; le fine-tuning vient après, si le style ou le format restent un problème.

Combien d’exemples faut-il ?

De quelques centaines à quelques milliers d’exemples de qualité, selon la tâche. La qualité compte plus que la quantité : des exemples relus, cohérents, représentatifs des cas réels. Constituer ce jeu est souvent le plus gros du travail.

Mes données sont-elles mémorisées par le modèle ?

Un modèle ajusté peut restituer des passages de ses exemples d’entraînement. Si ces exemples contiennent des données personnelles ou confidentielles, elles peuvent ressortir. On ajuste sur des données nettoyées, et on garde le modèle ajusté en interne.

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