Notion · Dialoguer avec un modèle

Formules de pilotage

Des phrases courtes qui changent nettement le comportement d’un assistant : « lis d’abord ce fichier », « si une information te manque, écris À COMPLÉTER au lieu d’inventer », « liste les fichiers que tu as modifiés ». À connaître par cœur.

Comment ça marche

Certaines phrases, ajoutées à une demande, changent la façon dont un assistant travaille bien plus que leur longueur ne le laisse penser. Elles n’ont rien de magique : elles corrigent les défauts prévisibles d’un modèle. Il a tendance à agir avant d’avoir tout lu, à inventer ce qu’il ne sait pas, à partir dans une interprétation sans la vérifier, et à ne pas dire ce qu’il a fait. Chaque formule vise un de ces défauts.

On les regroupe en quatre familles. L’ordre des opérations : lire ou vérifier avant d’agir. L’honnêteté : signaler ce qui manque plutôt que le combler. Le cadrage : reformuler ou proposer avant d’exécuter. Le compte rendu : dire ce qui a été fait et ce qui ne l’a pas été. Une fois qu’on les connaît, on les met dans les consignes permanentes et on n’y pense plus.

Un exemple concret

ExempleDix formules et ce qu’elles font

« Lis d’abord [ce fichier] avant de commencer. » L’agent part du bon contexte au lieu de deviner.

« Si une information te manque, écris À COMPLÉTER au lieu de l’inventer. » Les trous deviennent visibles. La formule la plus rentable.

« Reformule ce que tu as compris de la demande avant de faire quoi que ce soit. » Les malentendus apparaissent avant le travail, pas après.

« Propose un plan et attends mon accord. » Le mode plan, en une phrase, pour les outils qui n’en ont pas.

« Réponds uniquement à partir des documents fournis, et dis si la réponse n’y est pas. » L’ancrage dans les faits.

« Cite le passage exact qui justifie chaque affirmation. » Chaque élément devient vérifiable.

« Modifie les fichiers existants, ne crée pas de copie. » Fini les documents en double.

« À la fin, liste les fichiers créés ou modifiés et ce que tu n’as pas pu faire. » Le compte rendu qu’on relit en dix secondes.

« Relis ta réponse comme un relecteur sévère et corrige ce qui ne va pas. » Une deuxième passe, souvent meilleure que la première.

« Réfléchis étape par étape. » Pour un problème à plusieurs étapes, et seulement pour ça : inutile pour une reformulation.

Les six premières sont dans le fichier de consignes de la plupart des équipes que nous accompagnons. Les autres se sortent à la demande.

Ce que ça change pour une équipe

  • Les résultats deviennent réguliers. Les mêmes formules donnent les mêmes réflexes, quel que soit celui qui écrit la demande.
  • Les erreurs changent de nature. Une invention cachée devient une case À COMPLÉTER. Un malentendu devient une reformulation à corriger. Les problèmes se voient.
  • La relecture va plus vite. Un compte rendu en fin de tâche, des citations : on vérifie ce qui compte au lieu de tout relire.
  • Le savoir se partage. Les formules qui marchent se notent, se testent, et finissent dans les consignes communes.

Les limites et les erreurs fréquentes

  • Empiler toutes les formules partout. Dix consignes pour une question simple, et le modèle s’embrouille. On choisit celles qui servent à la tâche.
  • Croire que la formule garantit. « Ne pas inventer » réduit les inventions, ne les supprime pas. La vérification reste.
  • Les formules magiques. Les mots censés débloquer des capacités cachées, répétés sans comprendre, ne font rien. Ce qui marche s’explique par un défaut corrigé.
  • Ne pas tester sur son outil. Les modèles et les outils évoluent. Une formule efficace l’an dernier peut l’être moins aujourd’hui, ou avoir un équivalent intégré. On vérifie sur un cas réel.

Pour aller plus loin

Ces formules jouent sur l’ordre des opérations (lire avant d’agir), la gestion de l’incertitude (signaler plutôt qu’inventer) et la traçabilité (rendre compte). Elles se capitalisent dans un fichier de consignes pour ne pas être répétées.

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Questions fréquentes

Ces formules marchent-elles avec tous les assistants ?

Les principes, oui : faire lire avant d’agir, demander de signaler l’incertitude, exiger un compte rendu. Certaines formules sont propres à un outil, comme les mots qui déclenchent le mode réflexion de Claude Code. Le mieux est de tester chaque formule sur son propre outil, sur un cas réel.

Pourquoi « écris À COMPLÉTER » change-t-il autant les choses ?

Parce qu’un modèle, par défaut, comble les trous avec du plausible. En lui donnant une sortie honnête, une case vide marquée, on remplace une invention invisible par un manque visible. C’est la formule la plus efficace contre les hallucinations dans le travail quotidien.

Où ranger ces formules pour ne pas les retaper ?

Dans le fichier de consignes de l’agent, pour celles qui s’appliquent toujours. Dans une bibliothèque de prompts partagée, pour celles qui dépendent de la tâche. Et dans les skills, pour les procédures complètes.

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