Notion · Pratique et outillage
Vibe coding
Faire construire une application par l’IA en décrivant ce qu’on veut, sans lire le code. Parfait pour un prototype en une après-midi ; risqué pour un outil qui gère de vraies données.
Comment ça marche
Le vibe coding, c’est décrire une application en langage courant et laisser l’IA la construire, écran par écran, sans regarder le code. « Je veux un outil où mes commerciaux saisissent leurs visites, avec un tableau de bord par région. » Quelques minutes plus tard, l’outil existe, on l’essaie, on demande des changements, et on recommence jusqu’à ce que ça ressemble à ce qu’on voulait.
Le terme vient de 2025, quand les outils sont devenus assez bons pour que cette façon de faire produise quelque chose d’utilisable. Elle marche parce que les modèles connaissent les façons classiques de construire une application et les reproduisent vite. Elle atteint ses limites dès que l’application doit être sûre, juste dans tous les cas, et vivre plusieurs années.
Un exemple concret
- Vendredi, une heure. La responsable commerciale décrit l’outil à un service de vibe coding. Elle obtient un formulaire de saisie, une liste des visites et un tableau de bord. Elle le montre à l’équipe : tout le monde voit enfin la même chose.
- Ce qui manque, repéré lundi. Deux commerciaux ont saisi la même visite ; un montant négatif est passé ; la suppression efface sans confirmation ; l’outil est accessible sans mot de passe par son lien.
- Consolidation, trois jours avec un agent de code. Les règles sont écrites (une visite = un client, une date, un commercial ; montant positif ; suppression réservée au responsable), les tests ajoutés, l’authentification mise en place, le code rangé dans Git, l’hébergement choisi.
- Résultat : le prototype a servi à se mettre d’accord. L’outil final partage son apparence et presque rien de son code.
Sans le prototype, l’équipe aurait passé trois réunions à décrire l’outil. Sans la consolidation, elle aurait perdu des données au premier incident.
Ce que ça change pour une équipe
- Les idées se testent au lieu de se discuter. Une maquette fonctionnelle en une heure vaut mieux qu’un cahier des charges de dix pages pour savoir ce qu’on veut.
- Les métiers construisent leurs premiers outils. Un responsable qui connaît son besoin peut obtenir un outil personnel sans attendre l’informatique.
- La frontière avec le vrai développement devient claire. Prototype d’un côté, outil de production de l’autre, avec une étape de consolidation entre les deux, dont on sait ce qu’elle coûte.
- Le rôle du développeur change. Moins d’écriture de code, plus de spécification, de revue et de sécurité.
Les limites et les erreurs fréquentes
- Mettre le prototype en production. C’est l’erreur classique : ça marche en démo, donc on l’ouvre à tout le monde. Les données, la sécurité et les cas limites n’ont jamais été traités.
- Ne pas pouvoir expliquer ce que fait l’outil. Si personne ne comprend le code, personne ne peut le corriger. Un outil utilisé a besoin d’un responsable qui le comprend, au moins dans les grandes lignes.
- Oublier les données. Où sont-elles stockées ? Par qui ? Sauvegardées ? Un service de vibe coding héberge souvent la base chez lui, à des conditions qu’on n’a pas lues.
- Accumuler des outils orphelins. Dix prototypes, zéro maintenu. Un inventaire et une règle simple : tout outil utilisé par plus d’une personne a un propriétaire.
Pour aller plus loin
Le terme désigne un développement guidé par l’intention, où l’on accepte le code sans le comprendre. Le passage en production exige tests, revue, gestion des secrets et sécurité, c’est-à-dire tout ce que le vibe coding ignore.
Où ça se situe chez Opora
Programme 04 · Construire des agentsIngénierie agentique pour les équipes techniques
Passer du prototype obtenu en vibe coding à un outil fiable, testé et maintenu, c’est précisément ce que nous apprenons à faire dans le programme Construire des agents.
Questions fréquentes
Le vibe coding, c’est sérieux ou c’est un gadget ?
Les deux. Pour un prototype, une maquette ou un outil personnel, c’est un gain de temps considérable et réel. Pour un outil qui manipule des données clients ou que d’autres utilisent, ce qu’il produit n’est qu’un point de départ : il manque les tests, la sécurité et la maintenance.
Avec quels outils fait-on du vibe coding ?
Des services comme Lovable, Bolt ou v0 construisent une application web complète depuis une conversation. Les agents de code comme Claude Code, Codex ou Cursor permettent la même chose dans vos propres fichiers, avec plus de contrôle. Le terme désigne la façon de faire plus que l’outil.
Que faire d’un prototype qui plaît ?
Le traiter comme une maquette validée, pas comme un produit. Récupérer le code, écrire les règles métier noir sur blanc, ajouter des tests, faire relire la sécurité, prévoir qui le maintient. Un agent de code fait une bonne partie de ce travail, à condition de le lui demander.