Notion · Dialoguer avec un modèle

Guardrails (garde-fous)

Les règles et filtres qui empêchent un assistant de sortir du cadre : sujets interdits, données à ne pas divulguer, formats imposés. Indispensables dès qu’un outil parle à des clients.

Comment ça marche

Un modèle fait ce qu’on lui demande, et parfois ce qu’on ne lui demande pas : il sort du sujet, donne un avis qu’il ne devrait pas, restitue une donnée confidentielle, se laisse entraîner par un utilisateur malin. Les garde-fous sont l’ensemble des mécanismes qui le maintiennent dans son cadre. Ils s’empilent, du plus simple au plus solide.

Le premier étage est dans la consigne : ce que l’outil fait, ce qu’il ne fait pas, comment il refuse. Le deuxième filtre les entrées : détection des tentatives d’injection, des sujets interdits, des données qui ne devraient pas être là. Le troisième contrôle les sorties : format imposé et vérifié, absence de données sensibles, ton conforme. Le quatrième limite les actions : ce que l’outil peut atteindre et modifier. Aucun étage n’est étanche seul ; ensemble, ils réduisent le risque à un niveau acceptable, et mesurable.

Un exemple concret

ExempleLes garde-fous du chatbot d’une mutuelle
  1. Consigne : répondre uniquement sur les garanties, les démarches et les délais, à partir de la documentation fournie. Pour tout le reste, orienter vers un conseiller. Ne jamais donner d’avis médical ni d’estimation de remboursement personnalisée.
  2. Filtre d’entrée : les messages qui ressemblent à une injection ou qui contiennent des données de santé détaillées sont interceptés, avec une réponse qui invite à contacter un conseiller.
  3. Contrôle de sortie : chaque réponse est vérifiée par un second modèle : reste-t-elle dans le périmètre, cite-t-elle une source, contient-elle un chiffre non présent dans la documentation ? En cas de doute, une réponse générique remplace la réponse.
  4. Actions : aucune. Le chatbot informe ; il ne modifie ni ne consulte de dossier. L’accès au dossier passe par l’espace client authentifié.
  5. Tests : 120 scénarios d’attaque rejoués chaque mois, et un rapport.

Le chatbot répond à 70 % des questions sans conseiller. Il n’a jamais donné un chiffre faux, parce qu’il ne peut pas en donner un qui ne soit pas dans la documentation.

Ce que ça change pour une équipe

  • On peut exposer l’IA aux clients. Sans garde-fous, un chatbot public est une bombe à retardement. Avec, c’est un service.
  • Les règles sont explicites. Ce que l’outil fait et ne fait pas est écrit, testé, et peut être montré à un auditeur ou à un client.
  • La qualité se mesure. Les tests de garde-fous donnent un taux : combien de tentatives sont bloquées, combien passent. Un chiffre qu’on suit.
  • La conception intègre le risque dès le départ. Un outil pensé avec ses garde-fous est plus simple et plus sûr qu’un outil auquel on les ajoute après un incident.

Les limites et les erreurs fréquentes

  • Tout mettre dans la consigne. « Ne réponds jamais sur X » tient jusqu’à la première formulation astucieuse. Les filtres et les limites d’action sont indispensables.
  • Des garde-fous trop larges. Un outil qui refuse tout ce qui sort d’un périmètre étroit frustre et n’est plus utilisé. On règle sur des cas réels.
  • Ne jamais tester. Les garde-fous qui n’ont jamais été attaqués ne sont que des intentions. Le red teaming fait partie du projet.
  • Oublier la mise à jour. Nouveau modèle, nouvelle documentation, nouvelles techniques d’attaque : les garde-fous se revoient à chaque changement.

Pour aller plus loin

Les garde-fous combinent consignes dans le system prompt, filtres sur les entrées et les sorties, validation de schéma et classification des demandes. Ils réduisent les risques sans les annuler, et doivent être testés comme du code.

Où ça se situe chez Opora

Programme 04 · Construire des agentsIngénierie agentique pour les équipes techniques

Concevoir les garde-fous d’un outil qui parle à des clients ou agit sur des données, puis les tester comme du code, c’est une étape obligatoire du programme Construire des agents.

Voir le programme

Questions fréquentes

Une consigne dans le system prompt est-elle un garde-fou ?

C’est le premier étage, et le plus fragile. Une consigne oriente le modèle, mais elle peut être contournée par une injection ou un jailbreak. Les vrais garde-fous ajoutent des contrôles en dehors du modèle : filtres sur ce qui entre et ce qui sort, vérification du format, limitation des actions possibles.

Faut-il des garde-fous sur un assistant interne ?

Moins que sur un outil exposé aux clients, mais oui : un assistant interne branché sur des documents RH ou financiers doit respecter les droits d’accès, ne pas restituer certaines données, et rester dans son domaine. Le niveau de garde-fous suit le niveau de risque.

Comment savoir si les garde-fous tiennent ?

En les attaquant. Une série de tentatives connues (demandes hors sujet, injections, extraction de données, demandes de contournement) rejouée avant chaque mise en production et après chaque changement. Ce qui passe est corrigé ; ce qui bloque est documenté.

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