Notion · Les bases
Hallucination
Une réponse qui invente ou déforme une information tout en paraissant crédible. Une entreprise doit prévoir comment les informations importantes seront vérifiées avant d’être utilisées.
Comment ça marche
Un modèle de langage écrit la suite la plus probable d’un texte. Quand on lui demande une information qu’il n’a pas, il ne s’arrête pas : il produit ce qui ressemble le plus à une réponse. Une date, un chiffre, un nom d’auteur, un numéro d’article de loi, une étude. Le résultat a la forme d’un fait, le ton d’un fait, et n’en est pas un.
Les situations à risque sont connues. Les questions précises sur des faits que le modèle connaît mal : votre entreprise, un texte récent, un chiffre exact. Les demandes de références et de citations. Les questions posées de façon à suggérer la réponse. Et les cas où le modèle ne peut pas dire « je ne sais pas » parce que la consigne ne le lui permet pas. À l’inverse, une tâche de transformation d’un texte fourni (résumer, reformuler, traduire) hallucine beaucoup moins, parce que la matière est là.
Un exemple concret
- La demande : un responsable RH demande à un assistant les règles de délai de prévenance pour une modification d’horaires, avec les références.
- La réponse : trois paragraphes clairs, un délai de 7 jours, deux articles du Code du travail cités avec leur numéro, et un arrêt de la Cour de cassation daté.
- La vérification : le premier article existe et dit autre chose ; le second n’existe pas sous ce numéro ; l’arrêt est introuvable. Le délai de 7 jours est une règle réelle, mais soumise à des conditions que la réponse omettait.
- La correction de méthode : la même question, posée avec le texte de la convention collective et de l’accord d’entreprise collés dans la demande, et la consigne « réponds uniquement à partir de ces documents, cite le passage exact, et dis si l’information n’y est pas ».
La deuxième réponse était plus courte, moins assurée, et juste. Elle disait que la convention ne traitait pas un des cas, ce qui était vrai.
Ce que ça change pour une équipe
- La vérification fait partie de l’usage. Pas comme une méfiance, comme une étape : tout ce qui est précis et vérifiable se vérifie avant d’être utilisé.
- On donne la matière au modèle. Documents, données, textes de référence collés dans la demande ou branchés par RAG : le modèle qui a les sources sous les yeux invente beaucoup moins.
- On autorise le « je ne sais pas ». Une consigne qui demande de signaler l’absence d’information, ou d’écrire À COMPLÉTER, transforme une invention en une case vide, visible.
- Les usages se trient. Transformer un texte fourni : risque faible. Produire des faits de mémoire : risque élevé. La charte peut le dire en une ligne.
Les limites et les erreurs fréquentes
- Faire confiance au ton. L’assurance du modèle n’est pas un indice de fiabilité. Il est aussi assuré quand il invente.
- Demander des références sans sources. C’est la situation où les modèles inventent le plus. Soit on fournit les sources, soit on utilise un mode de recherche avec citations, et on vérifie.
- Croire que le RAG supprime le problème. Il le réduit. Si les passages retrouvés ne contiennent pas la réponse, le modèle peut encore compléter. La consigne et les citations vérifiables restent nécessaires.
- Vérifier tout, ou rien. Vérifier tout est intenable ; ne rien vérifier est dangereux. On vérifie ce qui est précis, ce qui engage, et ce qui part à l’extérieur.
Pour aller plus loin
La génération probabiliste n’est pas une consultation garantie d’une source de vérité. Le RAG et les citations peuvent aider à vérifier les réponses, sans supprimer les erreurs. Des évaluations et des contrôles métier restent nécessaires.
Où ça se situe chez Opora
Programme 01 · Mieux utiliserUn usage responsable et sobre de l’IA
Repérer une hallucination et mettre en place les vérifications qui vont avec, sur ses propres documents, c’est un des réflexes de base du programme Un usage responsable.
Questions fréquentes
Pourquoi une IA invente-t-elle des choses ?
Parce qu’elle produit du texte probable, pas du texte vrai. Quand l’information manque, le modèle complète avec ce qui ressemble le plus à une réponse : un chiffre plausible, une référence qui a l’air réelle, un article de loi au bon format. Il n’a pas de notion de vérité, seulement de vraisemblance.
Les modèles récents hallucinent-ils moins ?
Moins, mais toujours. Les progrès sont réels, et les modes de recherche ou le RAG réduisent beaucoup le risque en donnant des sources au modèle. Mais aucun modèle ne garantit l’absence d’erreur. La vérification reste nécessaire là où une erreur coûterait.
Comment reconnaître une hallucination ?
On ne la reconnaît pas à la lecture : elle est fluide et assurée. On la détecte en vérifiant : la référence existe-t-elle, le chiffre figure-t-il dans la source, la citation est-elle exacte. Le réflexe est de vérifier tout ce qui est précis et vérifiable, et de se méfier de ce qui tombe trop bien.