Notion · Les bases
Date de coupure des connaissances
La date jusqu’à laquelle un modèle a lu le monde. Après, il ne sait rien, sauf si on lui donne l’information ou l’accès à une recherche.
Comment ça marche
L’entraînement d’un modèle utilise des données collectées jusqu’à une date. Après cette date, plus rien n’entre. Le modèle est ensuite aligné, testé, publié, souvent plusieurs mois plus tard, et utilisé pendant un an ou deux. Pendant tout ce temps, ses connaissances s’arrêtent à la coupure. Les lois votées depuis, les produits sortis, les entreprises créées, les taux modifiés, les personnes nommées : inconnus, ou connus dans leur état d’avant.
Le danger est dans la discrétion. Le modèle ne signale pas toujours qu’une information peut être périmée ; il la donne avec le ton de l’actualité. Pour une entreprise, la règle est simple : tout ce qui change avec le temps se fournit au modèle au moment de la question. Un document à jour, une recherche web, un RAG sur vos références. Le modèle apporte le raisonnement et la rédaction ; l’actualité, c’est à vous de l’apporter.
Un exemple concret
- Attrapée : un assistant calcule une indemnité avec un barème de l’année précédente. La comptable, qui connaît le barème en vigueur, corrige. Depuis, le barème à jour est dans le document de référence fourni à chaque calcul.
- Attrapée tard : une note de veille cite le dirigeant d’un concurrent parti depuis huit mois. Le commercial l’a répété en rendez-vous. Depuis, la veille passe par la recherche web avec citations datées.
- Pas attrapée : une procédure interne rédigée avec l’aide de l’assistant mentionne une obligation réglementaire supprimée l’année précédente. Découvert par un auditeur. Depuis, toute mention réglementaire dans un document se vérifie à la source officielle, et la date de vérification est notée.
Trois erreurs du même type, trois corrections de méthode. Aucune n’était une faute du modèle : il ne pouvait pas savoir.
Ce que ça change pour une équipe
- La vérification se cible. Tout ce qui est daté, chiffré, réglementaire, nominatif : à vérifier ou à fournir.
- Les documents de référence prennent de la valeur. Barèmes, listes, règles en vigueur, maintenus à jour et fournis avec les questions.
- La recherche s’utilise à bon escient. Pour le public et le récent, la recherche web ; pour l’interne, le RAG.
- Le vocabulaire s’installe. « C’est postérieur à la coupure » devient une phrase courante, et un réflexe de contrôle.
Les limites et les erreurs fréquentes
- Demander l’actualité au modèle. Sans outil de recherche, il répond avec un état du monde passé, parfois sans le dire.
- Oublier que la coupure vaut pour tout. Pas seulement l’actualité : les versions de logiciels, les prix, les organigrammes, les normes.
- Croire qu’un nouveau modèle est à jour. Sa coupure est plus récente, et toujours dans le passé. La règle ne change pas.
- Fournir des références elles-mêmes périmées. Un document interne non mis à jour a sa propre date de coupure. Dater et réviser les références.
Pour aller plus loin
Le knowledge cutoff correspond à la fin de la collecte des données d’entraînement. Pour les faits récents, il faut fournir le contexte (documents, recherche web, RAG). Interrogé au-delà de sa coupure, un modèle invente volontiers.
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Programme 01 · Mieux utiliserUn usage responsable et sobre de l’IA
Savoir ce que le modèle ne peut pas savoir, et lui fournir le récent, c’est un des réflexes de base du programme Un usage responsable.
Questions fréquentes
Comment connaître la date de coupure d’un modèle ?
Les fournisseurs la publient dans la fiche du modèle, en général plusieurs mois avant sa sortie. On peut aussi la demander au modèle, qui la connaît souvent approximativement. Elle recule à chaque nouvelle génération, mais elle est toujours dans le passé : un modèle ne sait jamais ce qui s’est passé la semaine dernière.
Le modèle sait-il qu’il ne sait pas ?
Pas toujours. Interrogé sur un événement postérieur à sa coupure, il peut dire qu’il n’a pas l’information, ou répondre avec ce qu’il croit savoir, c’est-à-dire l’état du monde à sa coupure, présenté comme actuel. C’est une source d’erreurs discrètes : un taux, une loi, un dirigeant d’entreprise, un produit, tous périmés sans avertissement.
La recherche web règle-t-elle le problème ?
En grande partie, pour les informations publiques : l’application cherche et donne au modèle des pages récentes. Pour les informations internes ou non publiées, non : il faut les fournir soi-même. Et même avec recherche, le modèle peut mélanger ce qu’il a lu et ce qu’il croyait savoir.