Notion · Dialoguer avec un modèle

Itération

Travailler avec l’IA en plusieurs passes : une première version, une critique, une correction. Les bons résultats viennent rarement du premier jet.

Comment ça marche

Un modèle produit un premier jet rapidement, et ce premier jet est rarement final. Plutôt que de chercher la demande parfaite qui donnerait le bon résultat d’un coup, on travaille en passes. Premier jet : la version brute. Critique : on demande au modèle, ou on fait soi-même, la liste de ce qui ne va pas. Correction : on cible ce qu’il faut changer. Chaque passe est courte, et chaque passe améliore.

Cette méthode exploite une propriété des modèles : ils sont souvent meilleurs pour évaluer et corriger un texte que pour le produire parfait d’emblée. Demander « qu’est-ce qui ne va pas dans ta réponse ? » fait apparaître des faiblesses que le modèle n’avait pas évitées en écrivant. Et elle correspond à la façon dont on travaille avec un collaborateur : un brouillon, des retours, une version finale. Dans un outil ou un agent, l’itération se formalise en boucles de vérification.

Un exemple concret

ExempleUne réponse à un client mécontent, en trois passes

Passe 1 : « Voici l’e-mail d’un client mécontent d’un retard de livraison, et l’historique. Rédige une réponse. » Résultat : correct, un peu long, des excuses répétées, pas de proposition concrète.

Passe 2 : « Relis cette réponse comme le client la recevrait. Qu’est-ce qui l’agacerait ? Qu’est-ce qui manque ? » Résultat : « les excuses sonnent creux sans explication ; aucune date de livraison n’est donnée ; aucun geste n’est proposé ».

Passe 3 : « Réécris en tenant compte de ces trois points : une explication en une phrase, la date confirmée du 28, et un geste commercial de 10 % sur la prochaine commande. Moitié moins long. » Résultat : prêt à envoyer après relecture.

Trois passes, quatre minutes. La demande initiale « parfaite » aurait demandé plus de temps à écrire, et aurait probablement oublié la deuxième passe, qui a fait la différence.

Ce que ça change pour une équipe

  • La page blanche et la demande parfaite disparaissent. On commence vite, on améliore.
  • La qualité monte sans effort de formulation. La critique par le modèle attrape ce qu’on n’aurait pas pensé à demander.
  • Les retours deviennent précis. « Change ces trois points » plutôt que « refais », et le modèle corrige juste.
  • Les demandes qui marchent se capitalisent. Ce qu’on a dû corriger en passe 2 devient une consigne de la passe 1 la fois suivante.

Les limites et les erreurs fréquentes

  • S’arrêter au premier jet. C’est l’erreur la plus répandue : la réponse a l’air bien, on la prend. La seconde passe est presque toujours meilleure.
  • Itérer sans direction. « Refais » dix fois sans dire quoi changer. Chaque passe a un objectif.
  • Laisser le contexte s’encombrer. Dix versions dans la même conversation, et le modèle mélange. Au-delà de trois passes, on repart avec la meilleure version et une demande propre.
  • Prendre la critique du modèle pour une vérification. Il repère des faiblesses de forme et de logique, pas les erreurs de fait. La vérification des faits reste humaine.

Pour aller plus loin

L’itération exploite la conversation : préciser, demander une auto-critique, comparer des variantes. Elle coûte des tokens, mais moins qu’un prompt parfait écrit d’avance. Dans un outil, elle se formalise en boucles de vérification.

Où ça se situe chez Opora

Programme 01 · Mieux utiliserUn usage responsable et sobre de l’IA

Prendre l’habitude de la seconde passe, et savoir quoi demander à chaque tour, c’est une des pratiques du programme Un usage responsable.

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Questions fréquentes

N’est-ce pas plus long que de tout demander d’un coup ?

Non, au total. Une demande fleuve qui essaie de tout prévoir prend du temps à écrire et donne souvent un résultat à reprendre. Trois passes courtes, premier jet, critique, correction, prennent moins de temps et donnent un meilleur résultat. L’itération est plus rapide qu’elle n’en a l’air.

Que demander à la deuxième passe ?

Une critique : « relis comme un relecteur sévère et liste ce qui ne va pas ». Une variante : « propose une version plus courte, et une plus directe ». Une vérification : « quels éléments de ta réponse devrais-je vérifier ? ». Puis une correction ciblée. Le modèle est souvent meilleur pour critiquer sa réponse que pour la produire parfaite d’emblée.

Combien de passes ?

Deux ou trois, le plus souvent. Au-delà, les gains diminuent et le contexte s’encombre. Si la cinquième passe n’est toujours pas bonne, le problème est dans la demande initiale ou dans le contexte fourni, pas dans le nombre de tours.

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