Notion · Sécurité et conformité
RGPD
Le règlement européen qui encadre le traitement des données personnelles. Un projet IA reste soumis à ces règles dès qu’il utilise des informations relatives à des personnes identifiées ou identifiables.
Comment ça marche
Le RGPD ne parle pas d’IA. Il parle de données personnelles : tout ce qui permet d’identifier quelqu’un, directement ou non. Dès qu’un outil d’IA lit un e-mail, un CV, un contrat ou un compte rendu de réunion, il traite des données personnelles, et les règles s’appliquent comme pour n’importe quel logiciel.
Ces règles tiennent en quelques questions. Pourquoi ce traitement, et sur quelle base ? Les personnes concernées le savent-elles ? Combien de temps les données sont-elles gardées, et où ? Qui y a accès, et avec quelles protections ? Le fournisseur de l’outil est-il lié par un contrat qui l’oblige à ne pas en faire autre chose ? Pour l’IA, cette dernière question est celle qui change tout : un outil gratuit grand public ne donne aucune de ces garanties.
Un exemple concret
- Finalité : accuser réception, répondre aux questions pratiques, préparer un résumé pour le recruteur. Pas de tri ni de notation automatique des candidats.
- Base légale : l’intérêt légitime de l’entreprise à gérer son recrutement, documenté dans le registre des traitements.
- Information : la page de candidature indique qu’un assistant automatisé traite les premières réponses et qu’un humain prend toute décision.
- Outil : assistant sous contrat professionnel, données hébergées en Europe, exclusion de l’entraînement, accord de sous-traitance signé.
- Conservation : les échanges sont supprimés avec le dossier de candidature, au plus tard deux ans après.
Le choix de ne pas faire trier les candidats par l’IA n’est pas qu’une prudence : un tri automatisé serait une décision à effet important, soumise à des règles bien plus lourdes.
Ce que ça change pour une équipe
- La classification des données fait le travail. Une fois les données classées, la règle est simple : les données personnelles courantes passent par l’outil sous contrat, les données sensibles par un outil interne, et rien dans les comptes personnels.
- Le fournisseur devient un sous-traitant. Il faut un contrat qui le dit, et qui précise où vont les données et ce qu’il en fait. Les offres professionnelles le proposent ; les offres gratuites, non.
- L’information des personnes se prévoit. Clients, candidats, salariés : la mention de l’IA dans les politiques de confidentialité et, pour les salariés, l’information du CSE, se font avant le déploiement.
- Les droits des personnes doivent rester exerçables. Si quelqu’un demande ce que vous avez sur lui ou l’effacement, les données passées par l’IA en font partie. L’outil doit permettre de les retrouver et de les supprimer.
Les limites et les erreurs fréquentes
- Le compte gratuit. C’est l’erreur numéro un : des données clients dans un assistant personnel, sans contrat, parfois utilisées pour l’entraînement. La parade est un compte d’entreprise et une charte.
- Oublier la mémoire de l’assistant. Les fonctions de mémoire retiennent des informations d’une conversation à l’autre, y compris des données personnelles. Vérifier ce qui est stocké et pouvoir l’effacer.
- Confondre anonymisation et suppression du nom. Retirer le nom ne suffit pas si le poste, l’entreprise et la date permettent de retrouver la personne. L’anonymisation réelle est difficile ; la pseudonymisation est souvent le bon objectif.
- Croire que le local règle tout. Un modèle qui tourne en interne protège contre les transferts, pas contre un usage illégitime. Les règles de finalité, de conservation et d’accès s’appliquent toujours.
Pour aller plus loin
Le cadre comprend notamment finalité, base légale, minimisation, information, sécurité et exercice des droits. Les rôles, contrats de sous-traitance, transferts et éventuelle analyse d’impact doivent être examinés selon le traitement. Cette définition ne constitue pas un conseil juridique.
Où ça se situe chez Opora
Programme 01 · Mieux utiliserUn usage responsable et sobre de l’IA
Savoir quelles données personnelles peuvent passer par quel outil, et le documenter, fait partie du socle du programme Un usage responsable.
Questions fréquentes
Puis-je coller un e-mail client dans un assistant IA ?
Un e-mail contient presque toujours des données personnelles : nom, adresse, parfois bien plus. Le faire n’est pas interdit, mais suppose que l’outil soit couvert par un contrat qui encadre le traitement (sous-traitance au sens du RGPD), que l’usage réponde à une finalité légitime, et que vos clients en soient informés. Avec un compte gratuit personnel, aucune de ces conditions n’est remplie.
Le RGPD interdit-il l’IA ?
Non. Il encadre le traitement des données personnelles, quel que soit l’outil. Un outil d’IA est un traitement comme un autre : il faut une base légale, une finalité, une information des personnes, une durée de conservation et des mesures de sécurité. L’AI Act ajoute des obligations propres à l’IA, en complément.
Faut-il faire une analyse d’impact ?
Elle est obligatoire quand le traitement présente un risque élevé : données sensibles, surveillance des salariés, décisions automatisées ayant un effet important sur les personnes. Un assistant de rédaction sur des données courantes n’en demande pas ; un outil de tri de candidatures, si.