Notion · Faire agir l’IA

Sous-agent

Un agent spécialisé lancé par un autre agent pour une tâche précise, avec ses propres outils et un périmètre limité. Comme déléguer une recherche à un collaborateur.

Comment ça marche

Un agent qui mène une tâche longue accumule tout dans son contexte : les fichiers lus, les résultats d’outils, ses propres raisonnements. Au bout d’un moment, il est saturé, et la qualité baisse. Le sous-agent est la parade : l’agent principal délègue une sous-tâche à un agent neuf, avec une consigne précise, des outils limités et son propre contexte. Le sous-agent travaille, puis rend un résultat court. Seul ce résultat entre dans le contexte du principal.

C’est aussi un moyen de spécialiser et de paralléliser. Un sous-agent peut être configuré pour un type de tâche (chercher, relire, tester) avec ses propres consignes et un modèle adapté, petit pour les tâches simples. Plusieurs sous-agents peuvent travailler en même temps sur des morceaux indépendants. Et comme chacun a un périmètre réduit, les erreurs restent localisées.

Un exemple concret

ExempleL’analyse d’un appel d’offres public de 120 pages
  1. L’agent principal lit le sommaire et découpe : règlement de consultation, cahier des charges technique, cadre de réponse, annexes.
  2. Quatre sous-agents en parallèle : l’un extrait les exigences administratives et les dates ; l’autre liste les exigences techniques avec leur caractère obligatoire ou souhaité ; le troisième repère les critères de notation et leur pondération ; le quatrième cherche dans les réponses passées de l’entreprise ce qui peut être réutilisé.
  3. Chacun rend une synthèse structurée d’une page. Le principal n’a jamais lu les 120 pages.
  4. Le principal croise les quatre synthèses, repère les exigences sans réponse passée, et produit un plan de réponse avec une liste de points à arbitrer par un humain.

Même travail avec un seul agent : il aurait saturé vers la page 60 et mélangé les exigences techniques et administratives. C’est arrivé lors du premier essai.

Ce que ça change pour une équipe

  • Les grosses tâches deviennent abordables. Un dossier de cent pages, une veille sur vingt sites, un audit de mille fichiers : découpés, ils passent.
  • Chaque morceau est mieux fait. Un sous-agent avec une consigne précise et un contexte propre fait mieux qu’un agent généraliste fatigué.
  • Les coûts se maîtrisent. Les sous-tâches simples vont à un petit modèle ; seul le principal utilise le grand modèle, sur un contexte court.
  • Le travail se relit. Chaque synthèse de sous-agent est un livrable intermédiaire qu’un humain peut vérifier avant que le principal s’en serve.

Les limites et les erreurs fréquentes

  • Déléguer sans consigne précise. Un sous-agent lancé avec « analyse ça » rend n’importe quoi. Il faut un objectif, un format de sortie et des critères, comme pour un collaborateur.
  • Perdre de l’information dans la synthèse. Un sous-agent résume, donc il omet. Pour les points critiques, demander des citations exactes avec leur emplacement.
  • Multiplier les niveaux. Des sous-agents qui lancent des sous-agents : coordination impossible, coûts qui explosent. Deux niveaux suffisent presque toujours.
  • Pas de limite. Un sous-agent peut tourner longtemps, lui aussi. Budget et nombre de tours se fixent pour chacun.

Pour aller plus loin

Le sous-agent reçoit une consigne, travaille dans son propre contexte et rend un résultat synthétique à l’agent principal. Cela préserve le contexte de ce dernier et permet le parallélisme, au prix d’une coordination à concevoir.

Où ça se situe chez Opora

Programme 04 · Construire des agentsIngénierie agentique pour les équipes techniques

Découper une tâche en sous-agents, chacun avec son contexte et ses outils, puis rassembler leurs résultats, c’est un des exercices avancés du programme Construire des agents.

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Questions fréquentes

Pourquoi ne pas tout faire avec un seul agent ?

Parce que le contexte d’un agent se remplit vite. S’il lit lui-même cinquante documents, il arrive saturé à la rédaction. En déléguant la lecture à des sous-agents qui ne lui renvoient qu’une synthèse, il garde un contexte court et précis pour décider. C’est comme un chef de projet qui ne lit pas tous les dossiers lui-même.

Les sous-agents se parlent-ils entre eux ?

En général non : chacun reçoit une consigne de l’agent principal, travaille, et lui rend un résultat. C’est l’agent principal qui coordonne. Les systèmes où les agents dialoguent librement existent, mais ils sont plus difficiles à contrôler et rarement nécessaires.

Combien ça coûte en plus ?

Chaque sous-agent consomme ses propres tokens, mais sur un contexte court. Au total, c’est souvent moins cher qu’un agent unique qui relit à chaque tour un contexte énorme. Et on peut confier les sous-tâches simples à un petit modèle.

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